L'instant Haïku de Dany Laferrière
- Eleonore Bassop
- il y a 4 jours
- 2 min de lecture
Ce jeudi 29 janvier, l’effervescence des grands soirs régnait aux Récollets. Sous la houlette de Chrystel Dozias, directrice du centre, ce refuge d’artistes et de chercheurs du monde entier, situé au coeur de Paris, s'est transformé en un écrin dédié à l’univers de Dany Laferrière.
Un voyage cinématographique
La soirée a débuté dans l’intimité de la projection d’un court-métrage aux allures des films de Hong Sang-soo, marqué par le noir et blanc, l’économie de moyens et un monologue introspectif. On y suit l’académicien dans ses déambulations parisiennes, ses rituels aux Récollets et ses réflexions sur les images qui l’habitent.

La « Galerie Bonzai » : Le génie de la miniature
Puis vint Haïku. Le titre dit tout. Et très vite, on comprend : une multitude de petits tableaux, courts, percutants, qui s’assemblent, se répondent, se complètent. Des fragments qui, mis bout à bout, racontent tout un monde.
La commissaire de l’exposition, Rosalind Fielding, explique sa démarche avec clarté :
« Une fois reçu près de 200 toiles de Dany Laferrière, il me fallait les montrer dans un ensemble cohérent. »
C’est ainsi qu’est née la Galerie Bonzai, une maquette de la chambre de l’écrivain aux Récollets, dans laquelle sont rassemblées toutes les œuvres miniaturisées. Une idée simple et brillante, qui donne à voir la profusion.
Des couleurs et des lettres
On connaissait l'écrivain de Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ou L'autoportrait de Paris avec chat . On découvre ici un peintre.
Les petits tableaux, fleuris, abstraits, figuratifs, graphiques, parfois soulignés d’un texte, côtoient des peintures sur toile plus monumentales : grands carrés, longs lés décoratifs aux motifs floraux ou géométriques, ponctués de couleurs.
Grâce au travail d’assemblage de Rosalind, ces œuvres prennent une autre dimension et donnent naissance à de nouvelles formes.
Un parterre d'immortels et d'esprits libres
Le public, fidèle et curieux, était au rendez-vous. Dans cette soirée haute en couleurs, j’ai pu y croiser les collègues « Immortels » de Dany Laferrière, Dominique Bona, Frédéric Vitoux et Erik Orsenna se sont mêlés aux artistes, journalistes et simples amoureux de culture. Un mélange rare, joyeux, vivant, pétillant.
L’œuvre picturale de Dany Laferrière s’inscrit naturellement dans la lignée de ces écrivains-peintres-dessinateurs. On peut ainsi se souvenir des paysages à l'encre de Victor Hugo, des lignes fluides de Jean Cocteau, ou des collages de Jacques Prévert. Cette touche de surréalisme m'a d'ailleurs rappelé que nous attendons avec impatience la rétrospective Leonora Carrington au Musée du Luxembourg ce printemps !
Enfin, comme un dernier clin d’œil, la soirée s’est achevée en musique live, avec entre autres Keysia Jones, dans une ambiance chaleureuse.
Mon verdict : Haïku est une immersion dans la tête d’un créateur habité par des images qui l’assaillent, qu’il dessine, peigne ou écrive.
L'exposition est ouverte au public jusqu'au 28 février 2026, aux Récollets, 154 rue du faubourg Saint-Martin, Paris 10e.






























































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