Les nouveaux contes d'Amadou Koumba
- Eleonore Bassop
- 25 juil.
- 2 min de lecture

Après avoir replongé dans Mansfield Park et ses silences bien pesés sur l’esclavage, changement d’ambiance : direction le Sénégal pour un tout autre type de récit. Je vous propose de (re)découvrir Les Nouveaux Contes d’Amadou Koumba de Birago Diop.
Ces contes-là ne sont pas faits pour s’endormir. Ils sont faits pour s’éveiller, à la parole vivante, à l’ironie populaire, à la chaleur de la savane.
Mon autre recommandation pour cet été, c’est donc cette relecture joyeuse et piquante. Si le nom de Birago Diop ne vous dit rien, retenez qu’il fut l’un des premiers à transcrire en français la sagesse orale des griots d’Afrique de l’Ouest. Il a donné une voix écrite à Amadou Koumba, conteur wolof de génie, dont il a écouté les histoires dans son enfance. Avec lui, les contes ne sentent pas la poussière des bibliothèques mais la fumée des feux de camp et les rires partagés au clair d’une lune toujours aussi curieuse.
Et la cerise sur le baobab ? La préface est signée Léopold Sédar Senghor. Oui, rien que ça. Deux monuments de la littérature africaine dans un seul et même livre.
Dans ce recueil, on croise des personnages savoureux :
Leuk le lièvre, rusé comme pas deux,
Bouki l’hyène, grand benêt affamé,
Gayndé le lion, noble mais souvent dépassé par les événements,
et des humains pas moins hauts en couleur : Samba, Mor Lame, Khary Gaye, Khoudia la vieille… entre naïveté, orgueil et bravoure maladroite.
Chaque conte a son titre accrocheur : L’Os, Le Prétexte, La Roussette, Le Boli, Samba de la nuit, Le Taureau de Bouki, et surtout, sa petite leçon cachée. C’est drôle, mordant, parfois tendre, souvent ironique. Un vrai jeu de miroirs dans lequel on retrouve, au fond, un peu de nous-mêmes.
Ces histoires sont à lire seul, en famille, à voix haute ou en silence. Elles parlent aux petits comme aux grands, avec une simplicité trompeuse qui cache beaucoup de finesse. On peut les découvrir à tout âge, et les redécouvrir différemment selon les moments de la vie.
Bref, une lecture d’été parfaite pour qui aime les récits qui voyagent dans le temps, les cultures, et les esprits. Avec Birago Diop, on rit, on réfléchit, on savoure. Et surtout, on écoute le souffle des ancêtres.
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